Bayonne : Le tableau numérique au service des élèves sourds

Véronique Roussel, l'enseignante de la classe des sourds, utilise depuis quelques jours le tableau numérique : « Le partage du travail est meilleur. C'est à la fois collectif et interactif ».

Le bilinguisme est entré en 1995 à l’école des Arènes. Un bilinguisme qui n’est pas celui auquel on s’attend au Pays basque : ici, la classe bilingue n’apprend pas l’Euskara mais le LSF, alias Langue des signes française. Cette langue est destinée aux sourds et peut être enseignée aux enfants qui n’entendent pas dès le plus jeune âge. Le Sessad « jeunes sourds », géré par l’association PEP 64, assure cet apprentissage pour les petits (1).

Depuis peu, pour se conformer aux nouveaux textes entrant en vigueur dans l’éducation nationale, c’est une « unité d’enseignement bilingue » qui qualifie la classe des sourds de l’école des arènes. Ces subtilités administratives préoccupent peu Luna, William, Cyril ou Pauline, les écoliers de l’unité bayonnaise. Ces quatre-là sont sous le charme d’une autre nouveauté pour leur classe : le tableau numérique interactif qui équipe la classe depuis deux semaines.

Trois outils en un

Véronique Roussel, leur maîtresse, elle-même sourde, trouve aussi à cet objet de nombreux avantages : « Les enfants n’ont aucune appréhension des nouvelles technologies, mais il faut leur faire comprendre que c’est un outil, pas un jeu ». Cette enseignante, également professeur en LSF et chargée de cours à l’Université de Paris 8, a diversifié depuis longtemps les supports pédagogiques pour travailler tout ce qui a trait au visuel avec ses élèves.

« J’utilise depuis longtemps ordinateurs, rétroprojecteur et autres supports audiovisuels, mais leur installation et leur maniement sont lourds. Le tableau interactif, c’est une seule machine au lieu de trois. Et je n’ai plus de branchements à faire et les fils dans les pieds. »

Le tableau interactif est, en quelque sorte, une tablette géante qui fonctionne avec un stylet de la taille d’une craie. De sa pointe, on entoure des mots, on ouvre un dossier, on part surfer sur Internet… « Les regards des enfants sont fixés sur l’exercice », note Véronique Roussel. « Le partage du travail est meilleur, de même que le contrôle des productions des autres. C’est à la fois collectif et interactif. »

L’utilisateur peut, si nécessaire, accéder directement à des illustrations, à des moteurs de recherche sur Internet ou à des exercices archivés. « Cela ne remplace pas la pédagogie, mais c’est très pratique ».

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