Le TNI, la «perle» de Joyeuse

http://www.youtube.com/watch?v=ccv3tP-F9F8

Jean-Marc Ancian nous accueille dans sa « CLIS » (Classe d’Intégration Scolaire) au sein de l’école de Joyeuse en Ardèche et nous fait découvrir comment le TNI est devenu l’outil précieux de ses douze élèves de 6 à 12 ans, atteints de certains handicaps. Au cours de cette visite, nous comprenons comment ces enfants abordent le cursus scolaire avec moins d’appréhension, plus de facilité, plus de confiance en soi et même de la fierté grâce à leur objet fétiche : le TNI !

Une variété et une diversité de profils : voilà ce qui caractérise les élèves de Jean Marc. Pour certains, des échecs successifs à l’école ont profondément entaché leur confiance en eux ; à cela s’ajoute souvent un contexte familial difficile. L’arrivée du TNI dans la classe de Jean Marc n’a pas « révolutionné » sa manière d’enseigner mais sur certains aspects, « ça l’a changé ». Et pour ces enfants, le TNI a fait des merveilles.

«Un des gros intérêt de l’outil informatique et donc du TNI est de pouvoir distancier le regard de l’adulte pour l’enfant», souligne Jean-Marc. L’élève peut recommencer autant de fois qu’il le souhaite, il peut réussir ou non, il n’y a pas de sanction.

«Tous les enfants qui arrivent dans ma classe ont un manque évident de confiance en eux et le principal travail avant toute chose, c’est de restaurer leur estime de soi», poursuit Jean-Marc, pour nous faire comprendre que leur faire utiliser le TNI ne fait pas partie des priorités de départ. «La confiance en soi, elle revient grâce à l’outil numérique mais pas seulement ; l’ambiance de la classe est aussi très importante».

Le TNI pour retrouver l’estime de soi
«Avec le TNI, les enfants sont beaucoup plus concentrés car l’écran capte leur attention», explique Jean-Marc quand il détaille les atouts que le TNI procure pour l’apprentissage de ses élèves.
Outre la concentration, le TNI offre à ces enfants une possibilité d’oublier leur handicap. Jean Marc nous donne l’exemple de Clémence, cette petite fille dyspraxique, que nous avons vu à l’œuvre sur un exercice de grammaire. Elle utilise l’outil «projecteur» pour centrer son attention sur la phrase, ce qui lui permet de travailler sur des phases plus longues alors qu’elle ne pouvait plus travailler sur papier ; ou encore la création d’objets géométriques sur le TNI qui lui a permis de montrer les possibilités et les connaissances qu’elle avait dans ce domaine, ce qui était impossible sur un autre support (elle ne parvient pas à tracer une figure géométrique, sans passer par cette interface…).

Pour les élèves en difficulté et en perte d’estime de soi, le fait que le logiciel, qui possède une reconnaissance de caractères performante, parvienne à reconnaître les mots qu’ils écrivent avec le stylet (ou les doigts, ou… les autres instruments !), leur prouve qu’ils ne sont pas si mauvais scripteurs qu’ils le pensent. L’utilisation de l’encre numérique, lors des activités de graphie et d’écriture, possède aussi un énorme avantage. Les retours en arrière, l’utilisation de la gomme et le fait que « l’objet » ainsi créé puisse être manipulé amène les enfants au plaisir de cette création.

Avec le TNI, le «tactile» est utilisé sous toutes ses formes
Le côté tactile du TNI plaît énormément et facilite l’usage aux enfants. Ils ont même créé leurs propres instruments «très innovants» et ne se sont pas contentés du simple stylet. A l’origine, Jean Marc nous raconte que par une journée d’hiver où la classe était surchauffée, les enfants transpiraient beaucoup et le doigt ne glissait pas bien sur le tableau. Un d’eux a donc eu l’idée d’utiliser son ongle, puis a été fabriquée la «boule» (une boule de Noël dans une chaussette) et enfin «l’allumette», un bâton entouré de feutrine qui permet aux plus petits d’accéder en haut de l’écran. Eprouvant ce jour-là une certaine gêne à utiliser l’outil, les enfants se sont donc adaptés en créant eux-mêmes leurs propres instruments pour «leur TNI».
«Ces élèves ont l’habitude de trouver des solutions face aux difficultés», nous confie Jean-Marc.

Les «experts» à Joyeuse
A l’école de Joyeuse, il n’y a pas de TNI dans toutes les classes ; seul Jean-Marc et un autre collègue bénéficient d’un TNI installé dans la classe. C’est pourquoi Jean-Marc a souhaité en faire profiter tous les enfants de l’école par la mise en place d’un tutorat dans les autres classes. Les élèves de la CLIS, en tant «qu’experts» ont en charge un travail de préparation (par exemple , la création de ressources) qu’ils vont ensuite exposer devant les autres élèves. Cette mission, très valorisante, les aide également dans l’objectif de Jean-Marc de leur faire retrouver la confiance.

Ce rôle d’expert va au-delà des murs de l’école et est aussi très important aux yeux des familles. Confrontés à leurs limites, Jean-Marc nous explique que ces enfants ont souvent été surprotégés par leurs parents. Le fait de voir leurs enfants en tant «qu’experts» auprès des autres classes a eu des effets immédiats et même inattendus dans les familles. Pour exemple, certaines d’entre elles ont investi dans des ordinateurs pour que les enfants profitent, à la maison, des bénéfices que leur apporte le numérique.

Le TNI, pas une mode, une utilité !
«Dans chacune de mes préparations de classe, je positionne ou non le TNI ; et si je l’intègre, je me pose la question de savoir ce qu’il va m’apporter de plus que le reste. Je vais donc travailler sur le «plus» que l’outil va amener». Notre enseignant avoue avoir passé beaucoup de temps au début pour s’approprier l’outil et le logiciel. «Mais si je continue, c’est que je suis convaincu que c’est efficace»!

Jean-Marc est proche de la retraite et il a vu passer toutes les nouveautés en terme d’outils informatiques. Mais pour lui, pas question de «mode». Avec le recul, il sait être lucide par rapport à l’utilisation du TNI et il ne le prévoit dans son cours que quand il le juge utile.
En revanche, son utilisation n’est pas toujours «programmée». Il peut arriver d’en avoir besoin au cours d’une séance en classe pour rechercher quelque chose sur internet, par exemple. «C’est d’ailleurs les enfants qui vont instinctivement le demander», précise Jean-Marc.

Après la phase d’appropriation, certes chronophage, l’outil donne entière satisfaction à Jean Marc : pour son plaisir d’enseigner, il lui apporte beaucoup de souplesse. Pour lui, la condition pour profiter pleinement de l’outil est de l’avoir dans sa classe et il croit peu à des solutions mobiles qui se baladent de classe en classe ou à une salle dédiée qu’il faudrait réserver, ce qui enlèverait tout le charme d’une utilisation spontanée.

Une relation privilégiée existe entre le TNI et ces enfants ; nous avons compris que grâce à cet objet «affectif», leur apprentissage à l’école ne serait plus pareil… Ils apprennent mieux, plus vite et sont désormais en confiance. Et même s’il n’est pas le seul responsable de ce bien-être, le TNI semble y contribuer largement, au travers de la classe, de l’école et au-delà ; une belle expérience de vie à l’école de Joyeuse en faveur des outils numériques.

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