Le succès du numérique à l’école repose aussi sur la formation des enseignants

MOTIV’SOLUTIONS A a sélectionné cet article qui insiste sur le fait que la formation des enseignants demeure indispensable à l’utilisation optimum de l’ensemble des solutions numériques.

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Le Plan numérique pour l’éducation est un premier par vers la révolution digitale des écoles et collèges. Si le projet est ambitieux, il est indispensable de former les enseignants aux nouveaux outils et pratiques liés au numérique.

Dès la rentrée 2015, ce seront plus de 500 écoles et collèges qui, grâce au soutien de l’État, se verront dotés d’équipements mobiles et de ressources numériques telles que des tablettes ou des tableaux interactifs, grâce au Plan numérique pour l’éducation .

Il s’agit là de la première étape de cette initiative qui vise à se généraliser à l’ensemble des établissements du territoire d’ici 2016. Mais qu’en est-il de l’appropriation de ces nouvelles technologies au service de l’enseignement ? Quels sont les prérequis pour aborder sereinement ce tournant et le pérenniser ?

Un virage numérique tardif en France

Le nouveau plan numérique pour l’éducation, lancé en avril 2015 par l’Éducation nationale, est un projet ambitieux. Plus de 500 écoles et collèges publiques sont concernées ( voir la liste sur education.gouv ). Le plan concerne l’ensemble du territoire français, et consiste entre autres, à équiper les élèves en tablettes tactiles personnelles, et les salles de classe concernées en écrans collaboratifs. Pour éviter de reproduire les écueils du premier plan numérique, lancé en 2008, il exige de la part des établissements ciblés une démarche proactive et complète.

En dépit de l’enthousiasme des dirigeants d’établissements et de l’investissement de certains enseignants ayant habitué leurs élèves au mode de travail collaboratif, la France reste à la traîne en matière de numérique par rapport à ses voisins européens. La raison se situe essentiellement dans le fait que l’Éducation nationale n’a pas su anticiper cette mutation technologique, mais est aussi restée longtemps cloîtrée dans une approche classique et rigide de l’enseignement.

Ce nouveau plan numérique pour l’éducation semble donc avoir été abordé de manière radicalement différente aussi bien par le gouvernement que par les enseignants. Parmi les facteurs de ce changement, une nouvelle génération d’étudiants, pour qui il est difficile d’apprendre sans outils numériques, et les nouveaux enseignants qui sont eux-mêmes habitués à ces outils dans leur quotidien. Les leçons tirées du premier plan de 2008, qui n’avait pas totalement su répondre aux enjeux actuels, devront permettre à l’Éducation nationale de négocier correctement ce virage cette fois-ci.

Le budget alloué à ce chantier est reversé aux mairies, qui doivent réunir dans un projet global les collèges et écoles éligibles de leur commune. La sélection est par la suite effectuée sur dossier de candidature par l’Éducation nationale. En cas d’éligibilité du projet, la mairie reçoit le financement pour le redistribuer à l’établissement.

Équiper et former

Ce projet pour munir un certain nombre d’établissements en équipements numériques connectés est une bonne initiative qui, pour qu’elle fonctionne sur la durée, doit être accompagnée d’une mutation complète de l’établissement vers le numérique : écrans interactifs, connexion à Internet en fibre, ou encore formation des enseignants aux nouvelles technologies dans leur ensemble.

L’entrée fracassante dans le monde du numérique avec une bascule sur des tableaux tactiles, sans formation ou sensibilisation aux usages liés au numérique, a eu à l’époque pour effet, dans certains établissements, de « casser » la dynamique d’apprentissage.

À l’époque, tous les acteurs du marché ont sorti leur propre gamme de tableaux, sans que personne n’explique aux enseignants les avantages des uns et des autres, et la capacité à s’adapter ou non à leur environnement scolaire. Le plan a donc surtout consisté à pousser du produit contre du financement. L’absence de pédagogie et de formation des professeurs, des directeurs d’établissements, mais aussi des revendeurs eux-mêmes, ont eu pour effet de décevoir de nombreux utilisateurs qui n’ont pas su utiliser leur solution.

Par ailleurs, d’un point de vue purement technologique, les solutions n’étaient pas toujours adaptées à une utilisation intensive en salle de classe. Il a incontestablement manqué de la part des fabricants, des distributeurs et de l’Éducation nationale, une réflexion préliminaire sur les attentes et la manière de travailler des enseignants.

Ainsi, certains d’entre eux ont été contraints de se former sur le tard, et sont devenus autodidactes. D’autres se sont éloignés de ces solutions numériques pour reprendre leurs habitudes sur des outils traditionnels.

Concernant l’accueil du nouveau plan numérique, on peut donc s’attendre à ce que quelques enseignants soient un peu échaudés par le plan de 2008, non pas quant à la stratégie numérique de l’Éducation nationale, mais quant à l’usage qui s’était révélé décevant par manque de formation. Toutefois, cela peut être compensé par l’arrivée de nouveaux enseignants, qui comme leurs élèves digital native, sont extrêmement friands de nouvelles technologies et n’ont pas de réticence à basculer sur ces nouveaux outils qu’ils savent manipuler.

Une chose est certaine, avec ou sans appréhension, le virage numérique dans l’Éducation nationale ne peut se faire qu’avec un accompagnement qualifié de la part de l’ensemble des intervenants. Le conseil avant vente, le suivi après-vente, la formation, sont autant de services indispensables pour assurer un bon déploiement et une continuité dans l’usage.

 

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