Côte d’Ivoire : Des tablettes éducatives s’intègrent à l’école pour alléger les cartables

Cet article, sélectionné par MOTIV’SOLUTIONS aborde le sujet de la lourdeur des cartables scolaires néfaste pour la santé des enfants. Un jeune informaticien ivoirien a donc inventé la première tablette éducative d’Afrique, lancée officiellement en 2014 à Abidjan. La première école à s’en être servi est  l’Institut Raggi Anne Marie (IRMA) de Grand Bassam à Abidjan. 

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En Afrique comme ailleurs dans le monde, la question de la lourdeur des cartables scolaires et ses conséquences sur la santé des élèves constitue une préoccupation majeure.

En effet, les élèves sont condamnés à porter chaque jour des cartables remplis d’effets : livres, cahiers, instruments de géométrie, etc.

Et l’on estime que ces sacs d’écoles sont à l’origine de divers problèmes de santé chez les enfants : mal de dos, scoliose (déformation de la colonne vertébrale), ralentissement de la croissance, courbatures, fatigue…)

D’ailleurs, un article paru en septembre 2014 dans Le Quotidien d’Oran indique que durant l’année scolaire 2012-2013, quelque 300 cas de scoliose ont été enregistrés chez des élèves âgés de 10 à 14 ans dans cette région du nord-ouest de l’Algérie.

Citées dans l’article, les Unités de santé scolaire de la direction de la santé et de la population mettent ces déformations essentiellement sur le compte du poids des cartables scolaires.

En plus de supporter le poids de ces charges, plusieurs enfants terminent l’année scolaire avec des effets manquants, dégradés ou détruits à force d’utilisation.

Pour résoudre cette équation, un jeune informaticien ivoirien, Thierry N’Douffou, 37 ans, a inventé Qelasy (1), la première tablette éducative d’Afrique, lancée officiellement en 2014 à Abidjan.

C’est un outil dont l’usage devrait permettre de réduire au strict minimum, voire annuler, le fardeau du cartable ; à travers la numérisation des manuels scolaires, qui représentent l’essentiel du poids du cartable.

« Qelasy a été conçue pour réconcilier l’école en Afrique avec les technologies. L’idée nous est venue de notre parcours professionnel où nous avons réalisé qu’il n’y a pas eu véritablement d’impact du numérique sur l’éducation, contrairement à d’autres domaines comme la santé et le divertissement. Cet outil vient améliorer et optimiser l’enseignement », explique Thierry N’Douffou.

En effet, « cette tablette remplace le cartable des élèves, car elle contient tous les livres et permet aux élèves d’accéder à internet et à des bibliothèques. Il faut dire que Qelasy est née d’un déchirement de cœur, parce qu’en tant que parent, c’était pénible de voir nos enfants aller à l’école avec de gros sacs de 7 ou 8 kilogrammes, » poursuit l’intéressé.

« Alors, on s’est demandé pourquoi ne pas concevoir quelque chose qui va être non seulement moins lourd, mais qui va contenir en même temps des milliers de livres auxquels pourraient accéder ces enfants », relate-t-il.
« Une belle expérience »
Ainsi, tout en sauvant les livres dématérialisés de l’usure du temps et des effets de la manipulation, ce cartable numérique qui ne pèse que quelque 480 grammes permet au secteur de l’éducation de s’adapter à l’évolution technologique du moment.

Selon ses promoteurs, cet appareil est déjà utilisé dans près de 200 écoles, notamment en Côte d’Ivoire, au Sénégal, au Niger et au Maroc.

L’une des écoles qui utilisent déjà cette tablette numérique est l’Institut Raggi Anne Marie (IRMA) de Grand Bassam à Abidjan. Et pour Patrice Dally, son directeur, Qelasy est une « belle expérience ».

« On gagne en temps dans les explications, puisque toutes les illustrations possibles d’un cours sont disponibles. Par exemple, un cours de géographie sur le relief nous permet de passer une vidéo sur des montagnes. Et ça crée beaucoup plus de motivation chez les enfants », explique-t-il.

Révélant au passage que l’année dernière, une classe pilote de 3ème mise en place par l’école pour tester la tablette a réalisé 80% de taux de réussite au Brevet d’études du premier cycle (BEPC).

« Si nous voulons donner toutes les chances possibles à nos enfants quand ils finiront leur cycle scolaire, il est bon d’investir dans l’éducation de qualité. Si nous pensons que la santé des enfants est une priorité, et que nous voulons leur éviter des maladies de dos, de poitrine du fait du lourd poids du cartable, je pense qu’on ne devrait pas hésiter à investir », réagit Thierry N’Douffou pour qui « l’éducation de qualité n’a pas de prix ».

En attendant l’option qui sera finalement retenue au terme de la phase pilote, l’usage du Qelasy promet de donner un coup d’accélérateur au projet « m-learning » (mobile learning – apprentissage mobile) que veut déployer le gouvernement ivoirien pour introduire les téléphones portables dans le processus d’apprentissage des élèves et de formation continue des enseignants.

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(1) Le nom Qelasy est une déformation phonologique du mot « classe », tel que prononcé en dialecte Baoulé (Centre de la Côte d’Ivoire).

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