Concertation : les axes de réflexion des quatre groupes de travail

« Quelles sont aujourd’hui les missions des enseignants et des personnels de l’éducation?», « L’autonomie des établissements doit-elle s’accroître, sur quels aspects, pour quels objectifs et à  quelles conditions ? » ou encore « Quel rôle pour les futures écoles supérieures du professorat et de l’éducation (ESPE), qui devront proposer des formations alliant enseignements théoriques, pédagogiques, pratiques et stages sur le terrain ? » : telles sont quelques-unes des questions auxquelles devront répondre les quatre groupes de travail mis en place dans le cadre de la concertation. Vincent Peillon, ministre de l’Éducation nationale et George Pau-Langevin lancent jeudi 5 juillet 2012, en Sorbonne, une concertation sur la loi d’orientation et de programmation sur l’école. Ce débat aura lieu au niveau national avec l’organisation d’échanges au sein de quatre groupes de travail : « la réussite scolaire pour tous », « les élèves au coeur de la refondation », « un système éducatif juste et efficace », « des personnels formés et reconnus » (AEF n°169165).

Quatre personnalités sont chargées de « constituer un comité de pilotage qui aura la tâche de remettre au gouvernement un rapport qui synthétisera » les travaux des quatre groupes de travail mais aussi de contributions territoriales. Ce rapport servira de base à l’élaboration de la loi.

Voici les grandes thématiques qui seront évoquées au sein des quatre groupes de travail :

« RÉUSSITE SCOLAIRE POUR TOUS »

Le premier groupe de travail, « la réussite scolaire pour tous » aura en charge la concertation autour de huit thématiques : « la priorité donnée à l’école primaire », « la rénovation du collège », « la redéfinition du socle commun », « le lycée de la réussite », « la valorisation de l’enseignement professionnel », « la prévention du décrochage scolaire », « le service public de l’orientation » et « le renforcement de l’éducation artistique, culturelle et scientifique ».

PREMIER DEGRÉ. « Les modalités de l’accueil de la petite enfance à l’école, la spécificité de l’école maternelle, l’aide personnalisée, la question des programmes et de l’organisation des cycles actuels, la relation à construire avec la classe de sixième ou encore les pratiques professionnelles et pédagogiques sont ainsi autant de sujets que vous aborderez », explique le ministère. « Enfin, les questions de la notation, de l’évaluation des élèves et du redoublement dans le premier degré seront examinées notamment au regard de leur efficacité en termes pédagogiques. »

COLLÈGE. Le groupe de travail abordera notamment « la question de l’amélioration de l’articulation entre l’école et le collège avec notamment le rôle de la classe de 6e ». « L’articulation entre les programmes, le socle commun et le déroulement de la scolarité reste à préciser », souligne le ministère. « Dans le cadre du collège unique et de son exigence démocratique, comment permettre des parcours plus individualisés avec des pédagogies et des modalités de suivi des élèves adaptées pour faciliter la réussite de tous ? Quelle organisation des enseignements en cycles ? Quelle évaluation cohérente pour les élèves en fin de scolarité obligatoire ? Quelle aide personnalisée apporter aux élèves et selon quelles modalités ? » : telles sont quelques-unes des questions qui seront abordées.

SOCLE COMMUN. « Il parait désormais indispensable d’envisager l’évolution du socle commun dans sa conception comme dans ses composantes en l’articulant plus nettement avec les programmes de l’école primaire et ceux du collège », souligne le ministère. « La réflexion devra donc considérer cette approche pour établir la continuité et la cohérence des apprentissages pour la scolarité obligatoire. Le groupe de travail s’interrogera également sur la certification en fin de scolarité avec les complémentarités à étudier entre l’évaluation du socle commun, le livret scolaire et le diplôme national du brevet qui évalue les connaissances et les compétences acquises à la fin du collège. »

LYCÉE. 
« Construire le lycée de la réussite implique d’abord en amont une orientation choisie et non subie, ce qui passe par l’obtention par tous les élèves du socle commun de connaissances et de compétences, objectif majeur de la scolarité obligatoire », note le ministère qui liste des questions pour le groupe de travail : « Compte tenu de la densité horaire du lycée français, peut-on envisager une évolution du rythme scolaire des élèves (volume hebdomadaire, durée de l’année) ? », « L’évaluation peut-elle aider les élèves à construire et réussir leur parcours et quelles en seraient les conséquences sur les rapports entre baccalauréat et contrôle continu ? », « Comment réussir cette continuité [bac-3, bac+3], autre grande structuration du système éducatif après celle de la scolarité obligatoire ? »

VOIE PROFESSIONNELLE. « Les acteurs de la concertation devront réfléchir aux moyens de garantir aux élèves le respect de leur premier choix de formation professionnelle, d’assurer une plus grande continuité et fluidité des parcours du CAP au bac pro et au-delà, ou encore d’agir pour faciliter la mobilité des jeunes de la voie professionnelle », indique le ministère. « La relance des partenariats avec les régions et du dialogue avec les branches professionnelles constitue un rôle clé dans ce processus. En particulier, l’instauration d’un dialogue renouvelé avec les branches professionnelles sur le renouvellement des diplômes ou encore sur l’offre de stages devrait permettre de mieux répondre aux besoins de l’emploi et du redressement productif. »

« LES ÉLÈVES AU COEUR DE LA REFONDATION »

Ce deuxième groupe de travail aura en charge la concertation autour de cinq thématiques : « des rythmes éducatifs adaptés », « une École attentive à la santé des élèves », « un accompagnement efficace pour les élèves en situation de handicap », « un climat scolaire apaisé dans les écoles et les établissements » et « la vie scolaire et l’éducation à la citoyenneté ».

RYTHMES SCOLAIRES. Le groupe de travail de la concertation « s’interrogera sur les modalités les mieux à même de créer un nouvel équilibre des temps de l’enfant, scolaire, périscolaire, familial » et « devra notamment tenir compte de l’impact en termes financiers des différentes options et proposer des modalités de répartition des charges entre les différentes parties prenantes », poursuit le ministère. « Il ne s’agit cependant pas d’une simple question d’horaires scolaires ou d’emploi du temps, mais bien de concevoir en s’appuyant sur cet aménagement un projet éducatif global, avec l’ensemble des partenaires locaux et des associations. »

HANDICAP. Le groupe de travail travaillera à « une définition plus précise des modalités d’accompagnement et de prise en charge des différentes catégories de handicap et à l’amélioration de ces dernières ». « L’enjeu est également de garantir aux personnels concernés une formation à la hauteur de leur mission et d’assurer une plus grande complémentarité et une meilleure coopération entre l’École et les établissements ou services spécialisés du secteur médico-social. »

« UN SYSTÈME ÉDUCATIF JUSTE ET EFFICACE »

Ce troisième groupe travaillera autour de cinq thématiques : « une grande ambition pour le numérique », « une école plus juste pour tous les territoires », « une gouvernance rénovée », « l’évaluation de l’école repensée » et « les parents, partenaires de l’école ».

NUMÉRIQUE. « Quelles stratégies de diffusion de ces contenus numériques pédagogiques à destination notamment des enseignants et des élèves pourraient être adaptées et quels en seraient les obstacles et les opportunités ? Quelles innovations pourraient être portées (open data, didacticiels, serious games, plateformes d’échanges…) ? Comment former les enseignants à l’utilisation des nouvelles technologies de l’information et de la communication ? Comment faire en sorte que ces technologies soient pleinement intégrées aux méthodes et aux contenus pédagogiques ? » : telles sont quelques-unes des questions qui seront abordées.

CARTE SCOLAIRE. « L’objet de la concertation portera donc sur la manière de réduire ces disparités et de mieux cibler l’action sur les établissements en difficulté », fait valoir le ministère qui liste d’autres questions : « Comment mieux articuler les différents dispositifs, afin d’éviter un empilement inefficace et sans cohérence globale ? Comment conserver dans les établissements d’éducation prioritaire des équipes soudées et mobilisées, mais aussi comment mieux les former ? Ou encore comment favoriser l’innovation et mutualiser les bonnes pratiques ? Enfin, comment valoriser l’image des établissements et encourager leurs élèves ? »

GOUVERNANCE. « L’autonomie des établissements doit-elle s’accroître, sur quels aspects, pour quels objectifs et à quelles conditions ? », interroge le ministère qui juge que les propositions en termes de rénovation de la gouvernance du système éducatif « devraient prendre en compte les liens de plus en plus étroits tissés au cours du temps entre l’éducation nationale et des acteurs institutionnels (notamment les collectivités territoriales) ou associatifs de types multiples et aux activités très variées. » « C’est donc l’ensemble des instruments de pilotage du système éducatif, aux différents niveaux d’intervention (ministère, rectorat, établissement), dans une logique d’école ouverte à tous ses partenaires qu’il conviendrait de réexaminer. »

« DES PERSONNELS FORMÉS ET RECONNUS »

Ce dernier groupe de travail abordera trois thématiques : « une vraie formation initiale et continue », « des missions redéfinies pour des personnels reconnus », « une nouvelle évaluation des personnels ».

ESPE. La concertation devra « se pencher notamment sur l’organisation et le contenu de la formation initiale des enseignants : quel rôle pour les futures écoles supérieures du professorat  et de l’éducation (ESPE), qui devront proposer des formations alliant enseignements théoriques, pédagogiques, pratiques et stages sur le terrain ? Quelles relations entre les ESPE, les universités et les établissements scolaires ? Quelle entrée progressive dans le métier d’enseignant ? Quel système de prérecrutement afin de garantir à tous l’accès à cette profession et afin de redonner son attractivité au métier d’enseignant ? » De même, la formation continue doit être « refondée dans le cadre des nouvelles écoles supérieures du professorat et de l’éducation, mais aussi en s’appuyant sur les nouvelles potentialités des outils numériques ».

MISSIONS DES ENSEIGNANTS. « À l’heure où notre École rencontre des difficultés conséquentes quant à la réussite des élèves, et notamment de ceux les plus en difficulté, la problématique de la redéfinition des métiers de l’éducation est essentielle », juge le ministère. « Quelles sont aujourd’hui les missions des enseignants et des personnels de l’éducation ? Comment promouvoir et accompagner des pratiques professionnelles renouvelées dans l’intérêt de la réussite des élèves et du bien-être des personnels ? Quelle gestion des ressources humaines devrait venir en appui de ces missions et de la promotion de ces pratiques professionnelles renouvelées ? » : telles sont les questions auxquelles devra répondre ce groupe de travail.

ÉVALUATION. Selon le ministère l’évaluation des personnels « nécessite des améliorations sensibles que la concertation devrait proposer ». Aussi, « le groupe s’interrogera sur les modalités de l’évaluation et de son usage. Que doit-on évaluer, comment et à quels moments dans la carrière ? Qui évalue ? Comment évaluer le travail en équipe et le rôle de tous les personnels de l’éducation dans les résultats des élèves ? Quel usage fait-on de ces évaluations pour améliorer les pratiques d’enseignement et accroître la réussite éducative ? »

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