Des supports multimédia au service d’enfants extra-ordinaires

© Signes de sens

Dans le cadre d’un soutien du ministère de la culture et de la communication, service du livre et de la lecture, l’association Signes de sens livre les résultats d’une étude exploratoire sur la réception de ses supports multimédia auprès d’enfants en situation de handicap mental et d’enfants avec des troubles envahissants du développement (TED) dont l’autisme.

Des outils pour communiquer
Signes de sens est une association spécialisée dans la production d’outils multimédia accessibles aux personnes sourdes.
Les supports présentent une pédagogie visuelle conçue par Simon Houriez, directeur de l’association. Celle-ci s’inspire de la langue des signes pour une circulation visuelle de l’information. Elle associe le montrer et le dire afin de faciliter un apprentissage « multicanal » et elle reformule toute information de façon claire et compréhensible sans la simplifier pour autant.

L’association travaille depuis 2003 autour de concepts d’accessibilité universelle à travers des recherches appliquées et des expériences de terrain. Elle souhaitait au cours d’une étude exploratoire, tester la réception des supports multimédia auprès d’enfants avec des difficultés de communication (TED et Déficients intellectuels).

L’hypothèse suivante  était au coeur de l’étude : cette pédagogie visuelle multicanale permet de faciliter la compréhension de tous, en multipliant les voies d’accès à l’information et en favorisant une approche multi-sensorielle. Elle répond aux besoins des enfants sourds et peut (peut-être) aussi  répondre aux besoins des enfants en difficulté de communication comme les enfants autistes et les enfants avec déficience intellectuelle.

Le contexte
L’étude exploratoire de 3 livres-dvd  de l’association a été réalisée auprès de 123 enfants avec des difficultés de communication, de décembre 2011 à février 2012 dans la région du Nord-Pas de Calais. (53 enfants avec troubles envahissants du développement, 47 enfants avec déficience intellectuelle, 23 enfants avec déficience intellectuelle et troubles associés.) La majorité des enfants observés avait entre 9 et 12 ans.

10 structures spécialisées (IME, ITEP, Sessad) ont participé à l’étude et une quinzaine de professionnels (éducateurs, orthophonistes, psychologues, psychomotriciens) se sont investis sur le projet.

Des supports bien accueillis
L’étude a révélé un réel intérêt pour ces supports de la part des enfants comme des professionnels : 70% des enfants ont indiqué être contents. Les professionnels quant à eux pensent que les supports pourraient être utile pour les 3/4 des enfants observés.

Des vidéos ludiques pour tisser du lien
Ils envisagent différents usages, selon les besoins des personnes, par exemple :
– Travailler l’attention et la concentration
Une  orthophoniste souligne lors de l’enquête : Après un temps d’adaptation Lukas paraît plus calme, plus posé et plus intéressé. Il réagit à ce qu’il voit. Ce type d’outil pourrait lui être utile afin de travailler l’attention, le langage et le vocabulaire.
– La communication (verbale et non verbale)
Thomas, un éducateur spécialisé indique : cela pourrait servir à développer la description des images, étant donné que les scènes sont moins rapides que dans un dessin animé et que les images sont moins nombreuses.
– L’expression corporelle
Cette idée revient également à plusieurs reprises. Cet outil pourrait servir pour affiner sa propre réalisation gestuelle, visualiser un modèle ludique. Enrichir le vocabulaire.

Vers plus d’interactivité
Signes de sens continue la recherche en élargissant sa réflexion sur une version qui serait plus interactive. La première version du livre-numérique sortira pour l’été. Affaire à suivre dans les mois qui viennent.

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