Plaisir de bricoler et de faire soi même grâce au numérique

Patrick Mpondo Dicka est maître de conférences au département Art&Com de l’Université de Toulouse le Mirail qui croise la formation aux métiers de la communication et la recherche en communication et les métiers de l’art, plus particulièrement aux arts de la scène. Croisement assez original qui permet d’avoir des gens qui ont à la fois une sensibilité artistique d’un côté comme des savoir-faire communicationnels de l’autre.

Dans ce 2ème volet, Patrick Mpondo Dicka aborde comment le numérique et l’internet sont arrivés dans la vie sociale.

Une facilitation des usages

En premier lieu, il faut noter le développement incroyable de l’activité individuelle, le «bricolage», le «faire soi-même» : le numérique a permis la facilitation des usages.

Notre chercheur prend l’exemple de l’informatique d’il y a quelques années où il était nécessaire de maîtriser l’écriture des codes pour lancer des opérations à la main sur des ordinateurs et qu’une simple erreur de calcul pouvait nous amener à tout refaire. Cet exemple pas si lointain nous montre combien l’informatique était réservé à une frange élitiste de la population. «Aujourd’hui, même les processus complexes de calcul sont enfouis sous des interfaces d’usages les plus faciles possible d’accès».

Comme exemple, le travail de vidéaste professionnel ne permettait pas à des amateurs d’y avoir accès. Aujourd’hui, avec des logiciels comme iMovie, le grand public peut aisément monter ses vidéos ; même des professionnels se voient utiliser des versions dites «amateurs» ; il n’y a plus de frontière, ou du moins elle reste floue. Ce qui pose un vrai problème d’éthique ; les professionnels considérant cela comme une attaque à  leur travail. Ceci est un exemple de «l’informatique domestique» qui permet à l’amateur d’arriver à un certain niveau de compétences, grâce aux outils proposés par l’univers numérique.

Une mutation du rapport aux connaissances

En deuxième temps, Patrick Mpondo Dicka tient à mettre l’accent sur le fait que le numérique a entraîné une mutation du rapport aux connaissances. D’un réseau internet plutôt professionnalisé (échanges entre universitaires et ingénieurs), on passe à des réseaux qui se «déprofessionnalisent». Pour lui, ils sont davantage orientés vers «l’exposition», plus que le partage (au départ, c’est l’échange de mails, puis on s’expose avec un site web et aujourd’hui, on s’expose soi-même au travers de Facebook, par exemple).

«Internet c’est la connexion pour l’échange, mais l’échange est encore volontaire et de pair à pair (newsgroups, mails, liste de diffusion, forums); le web, c’est l’exposition universelle, ou la vitrine universelle».

C’est en quelque sorte la fin de la rareté et de l’exclusivité. A travers ces constats, Patrick Mpondo Dicka avance l’idée qu’au-delà de la facilitation que le numérique permet, il pose aussi des limites.

Le professionnel 2.0 est aujourd’hui connecté, disponible, partageur – en somme, pédagogue. Le grand public 2.0 est lui en quête et en construction de son identité, par tous les moyens numériques possibles…

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