Vincent Peillon souhaite « trouver un système d’évaluation qui encourage à progresser »

Il faut « qu’il y ait une évolution de la façon dont nous notons, parce que la note doit pouvoir être aussi un encouragement et pas un découragement. […] Il faut trouver un système d’évaluation, que les spécialistes appellent formative, c’est-à-dire qui encourage à progresser et pas qui décourage et conduit à provoquer l’échec », affirme Vincent Peillon, ministre de l’Éducation nationale, le 28 août 2012 sur i>TELE. Il réagit à la publication ce mardi, d’une enquête réalisée par le SE-Unsa. Près de 39 % des enseignants estiment qu’il faut « abandonner les notes chiffrées et les moyennes à l’école primaire et au collège », selon les résultats préliminaires de cette enquête. Lancée le 13 juin 2012 auprès des personnels enseignants, d’éducation et d’orientation, elle a recueilli le 27 août plus de 6 500 réponses en grande majorité parmi les adhérents du syndicat, selon le syndicat (1). En réaction à ces résultats, Vincent Peillon indique qu’il n’y aura « pas de suppression des notes ». « Il faut faire évoluer notre façon de noter, cela vaut pour les élèves et pour les professeurs qui sont toujours notés comme les élèves », commente le ministre.

Environ 31 % des personnes qui ont répondu à l’enquête estiment qu’il faut maintenir les notes, 20,5 % jugent que c’est « peu important » et 9 % ne se prononcent pas. Le questionnaire porte sur quatre thèmes : « réaliser un système scolaire sans rupture », « construire un socle pour des acquis communs », « se donner les moyens d’une école inclusive » et « bâtir des parcours de réussite au lycée » (AEF n°168064).

Les personnes interrogées ont répondu le plus massivement au sujet « pour la reconnaissance et le respect des personnes’ », indique le SE-Unsa. Sur ce thème, « aucune proposition ne réunit moins de 73 % d’adhérents ». « Ils se sont sentis dévalorisés ces cinq dernière années », juge Christian Chevalier, secrétaire général du SE-Unsa.

CE QUI FAIT DÉBAT.
La proposition de « supprimer la distinction voie générale/voie technologique en incluant des enseignements technologiques dans toutes les formations » recueille 34,7 % d’avis favorables des personnes interrogées alors que 25 % ne sont pas d’accord. 26,2 % d’entre elles ne se prononcent pas.

L’idée de « réduire le nombre d’épreuves ponctuelles terminales à trois ou quatre au baccalauréat et proposer dʼautres modes dʼévaluation pour les compétences qui ne peuvent pas être évaluées dans ce type dʼépreuves » satisfait 45,9 % des sondés. 19,5 % entre eux ne sont pas d’accord et 24,9 % des sondés ne se prononcent pas.

LES MÉTIERS ET LA CARRIÈRE. Les professeurs souhaitent que leur autonomie professionnelle, « dans le cadre des programmes et instructions officielles », soit « reconnue » et « respectée » (à 94,3 %). « Ils sont très sensibles à leurs conditions de travail qu’il faut améliorer », commente Christian Chevalier. Une grande majorité (91 %) souhaite l’instauration d’un service de médecine du travail qui « assure un suivi médical régulier des personnels ». L’idée de mettre en place une articulation « à parité lors [des] année[s] de stage, périodes sur le terrain et compléments de formation » suscite la même adhésion.

MESURES ÉDUCATIVES. Plus de 90 % des personnels sondés souhaitent « disposer des moyens nécessaires pour la réussite de l’inclusion des élèves en situation de handicap. ». Ils aimeraient également « inclure tous les dispositifs d’aide individualisée dans le temps scolaire pour tous, donc disposer de moyens complémentaires pour permettre la différenciation pédagogique ». « Ils remettent en cause l’aide personnalisée et les dispositifs de remédiation pendant les vacances », commente Christian Chevalier.

Environ 85 % des sondés demandent que « les contenus de formation [soient pensés] en cohérence et continuité entre l’école et le collège, avec une mise à disposition d’outils de suivi des acquis des élèves partagés ». Ils souhaitent aussi qu’on propose « aux équipes des banques d’outils pédagogiques pour la mise en oeuvre du travail par compétences (situations dʼapprentissage et situations dʼévaluation, échelles de niveau) ». 80 % se déclarent favorables au maintien d’une structure Segpa « identifiée au sein du collège ».

SERVICE PUBLIC. Plus de 90 % des sondés estiment qu’il faut « rendre aux fonctionnaires leur fierté et valoriser leurs missions dʼintérêt général, au coeur d’une société solidaire ». Ils pensent, en outre, que « dans un contexte budgétaire très contraint, [il faut] affecter les moyens en priorité à la scolarité obligatoire, actuellement sous-dotée par rapport aux pays comparables ». Concernant la répartition des moyens, 90 % jugent qu’il faut « accorder les moyens aux établissements et aux écoles, non seulement en fonction du nombre d’élèves et de la structure, mais aussi pour une part importante en fonction du degré de mixité sociale et scolaire de sa population scolaire ».

De même, une grande majorité (85,7 %) se dit favorable à l’arrêt de « la politique de démembrement des services publics initiée depuis quelques années par le biais de la Reate (Réforme de l’administration territoriale de l’État) et de la RGPP (Révision générale des politiques publiques) ». 81,61 % sont d’accord pour mettre en place « un plan pluriannuel de recrutement des enseignants et personnels d’éducation » .

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