Vision Outre-Atlantique : que font nos amis québécois pour l’éducation numérique ?

Grâce à un reportage réalisé par Radio-Canada le dimanche 30 septembre dans le magazine « Découverte », nous avons un aperçu de comment s’organise la « révolution numérique » dans les écoles de nos compagnons francophones Outre-Atlantique. TNI, tablettes numériques et ordinateurs portables investissent peu à peu les classes. Mais tous se posent la même question que nous en France, quel est l’impact de ces outils sur la pédagogie?

Le reportage nous montre comment les TNI sont arrivés dans les classes pour peu à peu éliminer définitivement le tableau « vert » et la craie. C’est une décision politique qui a mis le processus en marche ; à l’hiver 2011, le Premier Ministre de l’époque, Jean Charest, déclara  » que toutes les écoles du Québec devraient être équipés d’un tableau intelligent« . D’ici 5 ans, le gouvernement a prévu d’investir dans 43 000 TNI, pour 240 millions de $. Il semblerait que le gouvernement croit au numérique pour « augmenter la réussite scolaire« .

c’est bien sur ce sujet que le reportage de Radio-Canada se pose la question : Ces technologies vont-elles permettre la réussite scolaire de nos enfants ? Pour cela, ils ont interrogé des enseignants.

« C’est un outil qui visuellement est très stimulant, très attrayant, donc c’est plus facile pour moi de capter l’attention des élèves et de la maintenir tout au long de l’activité« , déclare l’une d’elle. et elle ajoute « les élèves sont beaucoup plus actifs dans leurs apprentissages (…) ils perçoivent cela comme un grand jeu vidéo« .

Un autre enseignant vient modérer les propos précédents ; pour lui, la nouveauté et l’attrait que la technologie peut avoir au départ va se perdre au fil des mois.

Pour Thierry Karsenti, Directeur de la Chaire de Recherche sur l’intégration des TIC à l’Université de Montréal, souligne que les aspects positifs du TNI sont nombreux (motivation, concentration…) mais pour l’heure, aucune étude n’a encore prouvé que ces technologies amélioraient les résultats scolaires.

Ensuite, le reportage montre une autre école, une « Commission Scolaire« *, loin d’être une image de réussite au Québec puisqu’elle se situait au 65ème rang sur 67. Au vue de cette situation, les membres de la Commission Scolaire ont décidé de modifier les apprentissages. Pour cela, elle a acheté 4500 ordinateurs portables à tous les élèves. « Même les élèves de la maternelle apprennent à lire et à compter avec des ordinateurs« . Une des membres de la Commission témoigne « la tablette ou l’ordinateur portable est un outil de création » ; Pour elle, c’est la grosse différence avec le TNI.

Dans cet exemple on peut parler de réussite scolaire grâce aux nouvelles technologies par un simple bilan. La Commission Scolaire est passé, en neuf ans, de la 65ème place à la 23ème place !

Autre retour d’expérience intéressant : la mise en place du programme PROTIC à l’école « Les compagnons-de-cartier » près de Québec permet à près de 400 élèves qui sont inscrits au programme de faire leur apprentissage avec des ordinateurs portables. Et ce programme n’est pas nouveau puisqu’il est en place depuis une quinzaine d’années. Comme le fait remarquer un enseignant « l’objectif final est toujours de faire des projets en collaboration et d’utiliser différents concepts, différentes connaissances« . Dans cette école, les enseignants ne donnent presque jamais de cours magistraux, une véritable révolution sur les apprentissages !

Jean-Philippe Caron, Directeur adjoint du programme PROTIC témoigne,  » Aujourd’hui le modèle gagnant est celui de l’enseignant qui est gestionnaire de projets« , sous-entendu ce n’est plus l’enseignement en frontal avec le prof qui « sait tout » et qui diffuse ses connaissances, qui doit prévaloir…

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