Tablettes ou manuels papier aux Etats-Unis : ça coince ?

Un article paru dans Mobiledia le 05 octobre nous apprend que les Français ne sont pas les seuls à se poser des questions sur l’arrivée des tablettes dans nos classes. Question d’investissement, question d’équipement et d’infrastructures autour des outils mobiles (WIFI…) et surtout question de pédagogie. Outre-Atlantique, on assiste aux mêmes débats.

La tablette comme moyen de faire des économies dans l’éducation ?

Selon la FCC (Federal Communication Commission), il est dépensé 7 milliards de dollars aux Etats-Unis chaque année pour les manuels scolaires papier qui deviennent désuets au bout de 7 à 10 ans. Les membres de la commission cherchent à démontrer qu’équiper les écoles en tablettes, permettrait d’économiser de l’argent. Et ils argumentent par une addition mathématique. Ils estiment que la tablette qui coûte aujourd’hui environ 250$ devrait voir son prix baisser à 150$, partant du principe que les achats se feraient en nombre et que les prix des logiciels vont baisser du fait des avancées technologiques.

Sur ces paramètres, ils estiment que sur 49 millions d’enfants scolarisés dans les écoles publiques des Etats-Unis, l’achat de tablettes reviendrait à un coût total de 3 milliards de dollars, soit moitié moins que l’achat des manuels scolaires papier.

Les dépenses cachées de la tablette à l’école

Selon l’article, à la fin de l’année dernière, la ville de New York a interdit l’utilisation du WIFI des écoles pour les iPads et autres appareils mobiles ; l’utilisation de tous ces gadgets iPhone, iPod touch, iPad et autres smartphones aurait fait saturer les serveurs du département informatique ! Pourtant, la ville de New York a investi 1 million de dollars au début de l’année 2012 pour doter les enseignants d’iPads. Il semblerait qu’elle n’ait pas anticipé sur les besoins en infrastructures réseaux et autres technologies qui doivent accompagner cet investissement.

Et c’est là-dessus que l’auteur veut attirer notre attention. Il ne suffit pas d’investir dans les outils mais penser à toute l’infrastructure à mettre en place autour et à son coût.

Outre ces constats, les éducateurs américains restent pourtant persuadés des atouts de la tablette en classe. « Dans un monde où le quotidien nous impose un rythme soutenu, l’apprentissage moderne doit passer par les tablettes avec les manuels scolaires en ligne qui offrent aux enseignants des outils interactifs et répondent aux exigences de nos enfants de la génération hyper-connectée« .

Mais l’auteur s’interroge, y a t-il des études scientifiques qui prouvent que les tablettes améliorent le travail en classe et les résultats des élèves. Elle évoque quelques exemples d’études réalisées et les résultats sont « mi-figue, mi-raisin« .

Les tablettes améliorent-elles vraiment l’apprentissage ?

Elle évoque d’abord une école en Californie. Dans cette classe, des élèves ont fait des exercices d’algèbre avec, comme support, le manuel papier et d’autres avec les iPads. Ceux qui ont utilisé les tablettes ont obtenu de meilleurs résultats (20% de mieux que les autres) sur les tests réalisés. Apparemment les élèves utilisant l’iPad étaient « plus motivés, plus attentifs, plus concentrés » que ceux qui avaient les manuels papier.

Ce programme pilote lancé dans certaines écoles de Californie, révèle que ce n’est pas le contenu mais l’outil utilisé pour faire l’apprentissage de ce contenu qui compte. C’est en tout cas ce que prouvent les tests réalisés avec les iPads, comme celui évoqué précedemment.

A contrario, un petit groupe de chercheurs (et ils sont de plus en plus nombreux) mettent en évidence que l’on retient mieux ce qu’on a lu sur un livre que sur un écran, ce qui repose la question de l’utilisation de la tablette dans un contexte de classe. « The crucial difference between knowing et remembering« .

Kate Garland, Maître de Conférences en psychologie à l’Université de Leicester en Angleterre, a mené une recherche sur les effets de l’e-book sur la mémoire. Il semblerait que les personnes qui lisent sur e-book doivent relire le même passage plusieurs fois avant de le retenir comparativement à ceux qui le lisent sur un livre traditionnel…

Pour terminer, l’article évoque la panoplie d’applications existantes pour les tablettes dans lesquelles l’enseignant a du mal à se retrouver ; ou encore les usages positifs reconnus de la tablette pour des publics spécifiques tels que les enfants autistes, les enfants avec des problèmes de langage ou encore les enfants ayant des problèmes familiaux ; dans ce cas, la tablette permettrait de réduire leur stress.

La tablette à l’école, c’est inévitable ?

L’auteur de l’article conclut ainsi, la tablette à l’école, c’est inévitable ?
Qu’elle vienne du foyer de l’enfant pour les milieux sociaux qui peuvent se le permettre ou qu’elle rentre à l’école par la voie normale des établissements qui feront « le grand plongeon », le monde est à l’outil mobile, tablette ou autre, et personne ne pourra y échapper.
Un rapport de MC Kinsey et GSMA (organisme qui représente les intérêts des opérateurs mobiles à travers le monde) prévoit que le marché du mobile-learning pèsera près de 70 milliards de dollars dans le monde à l’échelle de 2020.

Pour ce qui est des classes, Margaret Rock ne manque pas de rappeler qu’il ne faut pas oublier d’autres composantes qui entrent dans la balance lorsque la tablette arrive dans les écoles, à savoir les infrastructures réseaux, les outils pédagogiques, les ressources et la sécurité internet.

Source : Ludovia

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